Guide technique

 

Robert Sage (pour Life Magazine)
Pedro Flores réalisant une eau-forte : la presse
mars 1949

Qu’est-ce qu’une estampe originale ?

Toute image « de création » obtenue par impression d’une matrice (gravure sur bois, eau-forte, burin, pointe-sèche, aquatinte, lithographie, monotype, sérigraphie, etc.).

La matrice est réalisée par l’artiste ou sous son contrôle.

 

 
Robert Sage (pour Life Magazine)
Jean-Gabriel Daragnès tenant un portrait gravé d’Edgar Allan Poe
mars 1949

 

 

Qu’est-ce qu’une gravure sur bois (ou xylographie) ? Une linogravure ?

Technique née au XVesiècle, pour l’Occident. Gravure dont le dessin est taillé en relief (taille d’épargne) sur une plaque de bois (matrice). La plaque est ensuite encrée au rouleau. Ce sont les parties en relief qui viennent s’imprimer sur le papier. La linogravure (gravure sur linoléum) relève du même principe.

 

 

Qu’est-ce qu’une eau-forte ?

Technique née au début du XVIesiècle. Gravure dont le dessin est incisé sur une plaque de métal (matrice) recouverte d’un vernis puis attaquée à l’acide (morsure). La plaque est ensuite encrée. L’encre pénètre les sillons creusés par l’acide dans les zones incisées par le graveur. Elle se dépose sur le papier lors de la mise sous presse.

 

Robert Sage (pour Life Magazine)
Pedro Flores réalisant une eau-forte : le bain d'acide
mars 1949

 

 

Qu’est-ce qu’un burin ?

Technique née à la Renaissance. Gravure dont le dessin est incisé directement sur une plaque de métal (matrice) à l’aide d’un burin, outil en biseau. L’encre pénètre dans les zones incisées par le graveur (tailles). Elle se dépose sur le papier lors de la mise sous presse.

 

 
Robert Sage (pour Life Magazine)
Graveur maniant le burin
mars 1949

 

 

Qu’est-ce qu’une pointe-sèche ?

Technique née à la Renaissance. Gravure dont le dessin est incisé directement sur une plaque de métal (matrice) à l’aide d’une pointe d’acier fine. L’encre pénètre dans les zones incisées par le graveur (tailles). Elle se dépose sur le papier lors de la mise sous presse.

 

Robert Sage (pour Life Magazine)
Hermine David gravant à la pointe-sèche
mars 1949

 

 

Qu’est-ce qu’une aquatinte ?

Gravure sur métal dont les effets de clair-obscur sont obtenus grâce à une couche de poudre (quartz et bitume, résine, etc.) répartie sur la plaque de métal (matrice). La plaque est ensuite chauffée afin d’en fixer les grains puis vernie sur les zones en réserve. La plaque est plongée dans l’acide (morsure). L’acide attaque de manière irrégulière la plaque – là où a été fixée la poudre –, donnant à l’impression des tons de gris légèrement grumeleux.

 

 

Qu’est-ce qu’une lithographie ?

Technique née à la fin du XVIIIesiècle. Gravure dont le dessin est exécuté directement sur une pierre calcaire (matrice) à l’aide d’un crayon gras. Le dessin est ensuite fixé à l’aide d’une solution (eau, acide citrique et gomme arabique) qui rend la pierre perméable à l’eau et imperméable au gras. Une encre grasse est appliquée ; rejetée sur les zones de la pierre restées vierges, elle imbibe les zones dessinées au crayon. Reste à recouvrir la matrice d’une feuille de papier et à les passer sous presse.

 

 
Robert Sage (pour Life Magazine)
Édouard Goerg tenant une de ses lithographies
mars 1949
 

 

Qu’est-ce qu’un monotype ?

Technique née au XVIIesiècle, ne permettant le tirage que d’une unique épreuve. La plaque de métal (matrice) est peinte à la peinture à l’huile ou à l’encre. La peinture est ensuite transférée sur papier par simple contact.

 

 

Qu’est-ce qu’une sérigraphie ?

Technique d’origine semi-industrielle reposant sur le principe du pochoir. Un écran de tissu tendu sur un cadre, posé sur une feuille de papier, fait office de matrice. On utilise des caches de papier ou du vernis pour réserver certaines zones. On enduit le tissu d’encre, appliquée avec une raclette, qui passe au travers pour venir s’imprimer sur le papier.

 

Petit glossaire de l'estampe

  • Épreuve

Exemplaire d’une estampe.

  • Justification de tirage

Les estampes originales sont tirées à un nombre limité. Pour les œuvres des XXe et XXIe siècles, le tirage est le plus souvent inscrit à la mine de plomb sur chacune des épreuves. Une même estampe peut avoir été tirée sur plusieurs papiers différents, plus ou moins précieux (par exemple : 25 épreuves sur papier Japon et 75 sur papier d’Arches) ; coexistent alors autant de numérotations que de papiers (souvent en chiffres romains pour les papiers les plus précieux et en chiffres arabes pour les plus courants).

Outre le tirage numéroté, on compte souvent des épreuves d’essai – sortes de test effectués au début du tirage, marquées « essai » –, des épreuves d’artistes (environ 10 % du tirage) données à ces derniers – marquées « E.A. » ou « A.P. » (artist proof) –, et parfois des épreuves d’imprimeur (sans numérotation). On compte aussi des épreuves hors-commerce – marquées H.C. –, réservées aux collaborateurs.

  • Cuvette

Empreinte de la plaque de métal sur le papier (burin, eau-forte, pointe-sèche, aquatinte, etc.).

  • État

Au cours du tirage, l’artiste peut procéder à des modifications de la matrice (plaque de métal, de bois ou de pierre). À chaque impression de nouvelles modifications correspond un état (1erétat, 2eétat, 3eétat, etc.). Les premiers états sont souvent les plus appréciés.

  • Signature

La signature de l’artiste est dite « dans la plaque » lorsqu’elle a été gravée dans la plaque de métal, de bois ou la pierre. Quand il est simplement indiqué « épreuve signée », cela signifie que l’artiste a signé l’épreuve à la main. L’authenticité d’une estampe ne dépend cependant pas de la présence de la signature.

 

Les autres arts graphiques

Outre l’estampe, les arts graphiques regroupent toutes les techniques sur papier : mine de plomb, sanguine, pastel, crayon gras, aquarelle, gouache, collage, etc.

Il s’agit, contrairement à l’estampe, d’œuvres uniques.

À celles-ci on peut ajouter les techniques photographiques tirées en série (à partir d’un négatif) ou à tirage unique (daguerréotype, photogramme, photocollage, etc.).

 

Les différents types de papier

De nombreux papiers sont communs à la bibliophilie, à l’estampe et à la plupart des arts graphiques.

  • papier Japon ou simili-Japon : papier nacré et assez épais, souvent utilisé pour les tirages les plus précieux ;

  • papier de Chine : papier délicat et fin, souvent contrecollé, également apprécié pour les tirages précieux ;

  • papier vergé : beau papier laissant apparaître la trame des fils de laiton utilisée lors de sa fabrication ;

  • papier vélin : beau papier lisse et soyeux, rappelant la peau de vélin (parchemin) autrefois utilisée pour les manuscrits et certains livres.

 

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